Les années après guerre de 47 à 57
publié le Jeudi 17 juillet 2008 à 9:53, dans Histoire de la lingerie
Années froides, dessous chauds.
Ere de la couturière chez soi, on délaisse les dentelles et mousseline de cette nouvelle féminité d’avant-guerre, pour celle des plus chaudes et confortables enveloppes. Le coton et la soie se font rares, on se tourne vers les fibres artificielles, en particulier la rayonne et la fibranne.
C’est une décennie de rationnement, de récupération et de débrouillardise. Au détriment d’une qualité reconnue en corsetterie. Ce seront d’ailleurs les années noires des dessous en terme de qualité.
Pourtant dans ce contexte, une nouvelle académie de la femme idéale apparaît, galbée en poitrine, en taille et en hanche.
Avec bien évidemment le New-look de Christian Dior en 47. Il invite les femmes à reprendre leur place de beaux objets frivoles toutefois dotés du droit de vote. Sorte de revanche sur les femmes-soldats aux carrures de boxeurs. Les matières nobles reviennent en force dans la mode.
Deux femmes ; d’un coté la pin-up exagérant ses formes, de l’autre celles qui en raffinent la silhouette et les lignes.
Ce sont aussi les premiers succès des mannequins vedettes des couturiers.
En corsetterie, c’est la révolution des balconnets, revendique par Madame Carven en 1947 avec son premier soutien-gorge pigeonnier.
Le combiné-dior en fil élastomère(gaines et soutien-gorge en une seule tenue) est le must-have de cette après-guerre.
Dans les années 40, la plupart des modèles utilisent cette fibre. Et le nylon fait son apparition dans les bas.
La guêpière devient la petite reine des dessous d’après-guerre.
Elle est un peu plus courte et baleinée que les combinées.
La première est lancée par Marcel Rochas en 1945.
C’est la parure de la pose obligée, de Rita Hayworth à Ava Gardner en passant par Marilyne et Brigitte Bardot.
La gaine voit alors ses derniers jours, jugé comme le dessous des mères et ceux de l’avant-guerre, les jeunes filles les délaissent.
Les années 50 sont marqués par la fascination des potines généreuses. Et la variété des SG de cette époque en témoigne.
Scandale lance d’ailleurs au début de cette décennie le VERY SECRET un SG en nylon à bonnets compensé doublés d’une poche en matière plastique d’une extrême finesse gonflable à volonté.
Comme la gaine, la combinaison entame son déclin. Elle conservera quand même une légitimité jusque dans les années 60 qu’elle doit en partie à ses avantages hygiéniques, esthétiques et économique. Elle protégeait en effet chemisiers et robes de la transpiration.
Mais elle se transforme progressivement en fond de robe.
L’angélique gardienne de la féminité des années 50 devient alors la chemise de nuit qui s’érotisent.